Les membres d'Entre Ces Mots et leurs univers poétiques et musicaux



Yvette DELALAY  



Lumière et Ombre


Quand la lumière lutte avec l’ombre,

Quand chaque particule de soleil

S’accroche à chaque feuille

Quand la plus petite goutte d’eau

Capte une perle de lumière, la reflète et l’élargit

L’angoisse me saisit et je m’en vais

Me cacher au fond du firmament

Tremblante et apeurée

J’attends patiemment que le miracle

De la vie vienne me réveiller 

Et si un jour on m’oublie ainsi éloignée

Amis ne pleurez pas

Car malgré mes paupières closes

La lumière sera au fond de mon cœur,

A jamais réchauffé ! 
 


Décembre 2009. Tous droits réservés.


Inventaire d’être aimé. 
 

Cela a commencé par une énergique claque (sans doute salutaire), sur mes petites fesses gelées. Pour un début dans la vie mon ego a été mis à rude épreuve. La réaction fut cependant instantanée. J’aspirai une bonne goulée d’air et poussai mon premier vagissement du nouveau-né, évacué brutalement de son bain chaud pour venir se congeler dans cet hôpital de Bourgogne, où il faisait tellement froid que les vitres se fendaient sous l’effet du gel. Enfin on m’habilla, me réchauffa les petits petons dans de chauds chaussons roses. Mais quelle déception pour ma mère, je refusai son sein. Quelques heures à peine et il fallait entrer dans le moule dare-dare.  Crier quand on nous le demande. Se taire quand on a envie de parler. Manger à heures régulières alors qu’on n’a pas faim. Faire ceci et pas cela…. Gna, gna, gna…Alors on m’acheta aussi des biberons. En plus de la layette, de la poussette, de la fourchette. Cela commence à compter pour ce petit bout de fillette de même pas 3 kg. Moi, je voulais juste avoir la paix, qu’on me laisse dormir ! Qu’on me laisse rêver ! Mais Dame Education n’entendait pas les mêmes sons. Et jour après jour : de contrariétés en obligations, de récompenses en punitions. Je grandis, certes un peu anorexique, un peu rebelle, surtout beaucoup trop pensive.  

Je subis mon enfance entre des parents trop indulgents, amusés par mes excentricités farfelues ((au goût de mes sœurs aînées, Javotte et l’autre..)). Puis, il fallu aller à l’école ; acheter l’ardoise, les crayons de couleur, le cahier, ne pas négliger l’horrible boite à éponge qui sentait si mauvais quand on oubliait de rincer l’éponge, tout ranger dans le cartable et partir gaillardement,  seule,  pour ce lieu honni.

Où étais-tu ma mère ? 

Le temps passe ; c’est mon anniversaire. En rentrant de l’école toujours seule, à midi. Je trouve sur mon lit une belle poupée en porcelaine avec des cheveux bouclés blonds, la bouche entrouverte on aperçoit deux jolies dents étincelantes. Quelle  beauté ! Quelle joie ! Je me retourne cherche du regard ma mère pour la remercier. Mais je suis seule. Elle, sans doute s’occupait à la cuisine ou ailleurs…

Bien entendu, je partis au lycée – seule - j’achetais toutes les fournitures dont j’avais besoin – seule – Souvent, je me trompais. Alors on repartait, enfin ensemble, pour échanger mes erreurs. Mais elle me grondait. Je lui faisais perdre son temps. Je gaspillais son argent. 

Puis, j’eus besoin de rééducation pour mon dos. Mon père m’accompagna la première fois pour me montrer le chemin. Ensuite j’y allais toute seule. Sortir de Montolivet. Prendre le bus n° 6, descendre aux Chartreux, tourner à droite, puis à gauche, encore à gauche, traverser le carrefour, tourner à droite, non à gauche. Voilà ! Je me suis perdue. Malgré ma grande timidité, je demande aux commerçants. Ouf ! J’arrive, mais en retard. Le masseur (à l’époque, ils n’étaient pas encore kiné) est tout étonné de me voir arriver seule et si petite.   

Puis je me suis mariée. J’ai eu trois enfants. Je me suis dis avec tout ça tu ne seras plus seule. Grossière erreur. J’ai été comblée durant vingt ans.. Aujourd’hui je suis toujours seule. 

Après tout on n’est pas si mal – seule. C’est plus facile pour mettre la table. On achète beaucoup moins de courses pour la nourriture. Un seul billet de train ou d’avion. Mais les hôtels font payer un supplément, cela s’appelle « SINGLE » Car on n’utilise qu’une seule douche, une seule serviette, un seul repas. Mais c’est plus cher, c’est le buissenessssss. 

Ce qui est dommage c’est que moi j’aime partager. J’aime offrir. J’aime donner. Echanger des sourires, des caresses, des regards qui parlent beaucoup plus que certaines paroles.

Un jour ma sœur m’a dit : « On naît seul et on meurt seul ! »

Non, non, non, je ne suis pas d’accord. C’est faux la vie est un partage, une communion. Le cœur n’est pas comme l’ovaire qui se dessèche, s’atrophie à la ménopause. 

Le cœur a besoin d’aimer et d’être rassuré tous les jours, afin de battre de mieux en mieux. Quand une surprise nous le fait accélérer. Quel bonheur, quel bien être tous ces picotements de plaisirs.   

Jusqu’à ma mort je chercherai mon alter ego. Je sais qu’il existe, qu’il m’attend. Sans doute ne le sait-il pas, moi je suis prête. A présent j’ai acquis la patience. Un jour nous nous rencontrerons. Nous nous unirons, nous comparerons nos passés, ferons l’inventaire de nos existences. 

Ah ! J’allais oublier ! Distraite comme toujours. Je l’ai trouvé, mais je ne me souviens plus où je l’ai rangé. Alors je le cherche toujours. 
 

22 mars 2010. Tous droits réservés.



PASTICHE AUTOMNAL

 

Les sanglots longs des violons de l’automne blessent mon cœur d’une langueur monotone. Oh ! Je voudrais tant que tu te souviennes des jours heureux quand nous étions amis. Voici que la saison décline, l’ombre grandit, l’azur décroît, le vent fraîchit sur la colline. L’oiseau frissonne, l’herbe a froid. L’automne ne sait rien de sa saison. Les feuilles mortes se ramassent à la pelle. L’automne au coin du bois joue de l’harmonica.
Quelle joie chez les feuilles ! Elles valsent au bras du vent qui les emporte. On dit qu’elles sont mortes, mais personne n’y croit. Nous vivions tous les deux ensemble. O bruit doux de la pluie par terre et sur les toits. Pour un cœur qui s’ennuie. O le chant de la pluie, Automne malade et adoré.Tu mourras quand l’ouragan soufflera les roseraies. Et la vie sépare ceux qui s’aiment, tout suffocants et blêmes quand sonne l’heure. Je me souviens des jours heureux et je pleure. Le crépuscule ami s’endort dans la vallée, tout doucement sans faire de bruit sur l’herbe d’émeraude et sur l’or du gazon. L’horizon tout entier s’enveloppe dans l’ombre et le soleil mourant, sur le ciel riche et sombre, ferme les branches d’or de son rouge éventail. Bientôt, nous plongerons dans les froides ténèbres. Toi qui m’aimais, moi qui t’aimais. Adieu, vive clarté de nos étés trop courts ! Par discrétion on ne regarde plus les arbres que de biais en évitant de voir les branches… J’entends déjà tomber avec des chocs funèbres le bois retentissant sur le pavé des cours. Et je m’en vais, au vent mauvais qui m’emporte deçà, delà pareil à la feuille morte.

Eux *et moi Yvana
(12/09/07)

*(Hugo, Carême, Vigneault, Baudelaire, Rimbaud, Verlaine, Apollinaire, Musset, Lamartine, Prévert, etc.…)

Tous droits réservés

Le jardin cette année là !

(Extrait)


Mon jardin est une fleur. Mon jardin est tout en fleurs pleines de senteurs. Rose ici, jaune par là, mauve ailleurs, rouge plus loin. Sur le sol, en l’air, sur les murs partout où mes yeux se posent une fleur me sourit et me remercie des soins que je lui ai prodigués. Mon petit arpent abrite des centaines de variétés dont j’ai oublié certains noms. Je les aime toutes. Ma joie est grande lorsque après l’hiver, les branches se recouvrent de petits bourgeons

minuscules. Je contemple attentivement leur éclosion. Mon admiration, mon émerveillement ne sont jamais déçus quand la nature reprend ses droits immémoriaux. C’est l’abricotier qui se transforme dès février. Jour après jour, je vois poindre sur la branche d’infimes bourgeons. Le renouveau est en route, lentement mais sûrement la sève monte jusqu’à la plus petite ramure.


La glycine dans l’allée juste derrière mon jardin m’envoie quelques clins d’oeils odorants et visuels. Les tourterelles roucoulent, les pies jacassent et se disputent bruyamment. Les rossignols chantent longuement et les bergeronnettes sautillent gaiement. Conciliabules langoureux, trilles joyeux modulent l’air parfumé. Tout le peuple ailé habitant mon quartier si bien nommé des charmilles se réveille gaiement. Quel bonheur d’habiter ici, ma joie est partagée.


Un beau matin, l’apothéose est accomplie, l’arbre est entièrement recouvert de petites fleurs blanches rosées à cinq pétales, comme si, dans notre belle Provence, une chute de neige prodigieuse s’était produite. Certaines tombent au moindre souffle d’autres se transforment en un petit renflement qui verdit pour dessiner bientôt l’esquisse d’un abricot. Les feuilles de leur côté n’ont pas chomées, minimes au début puis d’un rouge foncé. Elles deviennent par la suite vertes, tendres, frêles pour atteindre enfin un beau jade naturel en pleine maturité. Je surveille mon arbre attentivement comme une mère son enfant. J’ai peur qu’il ne prenne froid, ou qu’il n’ait soif.  Je crains également les maladies. Je lui donne des fortifiants pour sa c

roissance.


Je supplie pieusement le ciel que le mistral d’un grand coup rageur ne vienne détruire ce fabuleux édifice...

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PETIT HOMME


Tu fais pleurer ta mère, pourquoi p’tit homme ?


Après tant de doutes, après tant de douleurs.


La vie est si triste, n’as-tu plus de douceur ?


Reste au moins un instant ! Cesse donc ta joute…


Caresse sa main, caresse ses cheveux blancs,


Apaise son angoisse, offre un moment.


Déjà tu es seul ! Elle, morte sûrement.


Tu te souviendras lorsque tu avais le temps

Lui étreindre la main, la serrer contre toi !


Lui rendre la force qu’elle t’avait donnée !


Lui insuffler l’amour qui lui avait manqué !


Son cœur avait si peur, son cœur avait si froid…


Tu fais pleurer ta mère, pourquoi p’tit homme ?


Tous droits réservés.




Bernard LE GUEIN  ( paroles et musique)                             



Au bonheur des rondes                     


(Clin d’œil à l’ami Georges)


En tout bien, tout honneur, l'embonpoint, votre honneur,

N'est ni vice ni défaut, ni péchés capitaux.

Aimons ces formes rondes que Dame Nature fît,

Cessons-là cette fronde, relevons le défit (bis)

En tout point, l'embonpoint est devenu délit,

Ne comptez pas, non point sur moi, quelle infamie!

Pour crier à la ronde, cette vile félonie,

J'aime les femmes rondes, les belles anatomies (bis)


Montrez-moi chère Madame ce léger embonpoint,

A ce jeu, je le clame, vous gagnerez des points,

Si les médias n'ont cure de vous mettre en avant,

Soignons-là la blessure, sus aux mécréants (bis)

Vous avez inspiré, quelle féconde muse,

De l'artiste guidé, les coutumes, les us,

Pour parfaire de la fesse, le galbe l'arrondi,

Une petite caresse, ça me dit, ça vous dit (bis)


De cette partie charnue, j'aime pouvoir en faire,

Sans aucune retenue, l' tour du propriétaire,

Aux mornes plats pays, à cette platitude,

J'aime les arrondis, prendre de l'altitude (bis)

Aux seins de mes maîtresses, j'le fait à qui mieux mieux,

J'me détends, me déstresse, en remerciant les cieux,

Le bon Dieu et ses saints, ciel voilà mon mari,

Blotti entre ses seins, je suis au paradis (bis)


Si je passe mes nuits blanches, je n' commets de délits,

C'est à deux en revanche, en bonne compagnie,

Périodes tant bénies où les femmes prospères,

Perpétuaient en nos lits des moeurs familières (bis)

S'il faut donner la main, aller jusqu'à Saint Jacques,

Mon bâton de pèlerin, je le prends et donc acte,

Entonnons tous ensemble, tous en choeur, la chanson,

Cet hymne qui rassemble, ce refrain polisson (bis)


Refrain : Vive les rondes, vive les rondes, vive les formes arrondies,

Vive les rondes vive les rondes, vive les belles anatomies,

Auprès de ma ronde, qu’il fait bon fait bon, qu’il fait bon dormir...


BLG. Novembre 2007. Tous droits réservés


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Aquarelliste


Repeindre ces paysages, la mémoire retrouvée,
Un enfant de mon âge peut avoir oublié,
J’ai remis des couleurs, image de l’enfance,
A ces petits bonheurs, souvenirs d’insouciance.


Sous l’étoffe du maillot, seul défiant la vague,
L’étoffe d’un héros, dans ce grand terrain vague,
Les pieds nus dans les flaques, petit prince du désert,
Avec sa tête à claques, sera privée d’dessert.


Des petits bouts d’humains qui nous refont le monde,
Se prenant par les mains pour entamer la ronde,
La ronde qui, demain, oubliant leur hier,
Fera de ces gamins, un beau jour, père ou mère .


Ils construiront alors, d’autres châteaux de sable,
Oubliant ce trésor, oubliant cette fable,
Creusez, fouillez, bêchez, vous, que le sort accable,
Un trésor est caché au fond du bac à sable.


BLG. Janvier 2007. Tous droits réservés


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Anciennes amours mal éteintes


Nos amours cigarettes, bouts de vies consumées,
Blondes, brunes, brunettes disparaissent en fumées.
Nous sommes des condamnés avec nos allumettes,
Tirant quelques bouffées, jouant à la roulette.



On risque l’incendie, en soufflant sur les braises,

De la mélancolie de nos amours baises,
Passions ou amourettes posées au cendrier,
Accroc de la fumette, faire attention danger.


Anciennes amours mal éteintes, souvenirs enfumés d’étreintes,
Nos amours imparfaites, comme fumées nous entêtent.
Se réveiller un jour et voir avec effroi,
Qu’ils ont tous nos toujours l’odeur de tabac froid.


BLG. Juin 2006. Tous droits réservés




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Atelier d'écriture "enfants "


Merci à :

Laura Brizard, Camille, Clément et Juliette Meunier,

Enzo et Léa Tramontin



Des fleurs, des filles, des femmes,...



Jolie fillette

Ton rire enfantin

Tourne nos têtes


Coquine fillette

Vif coquelicot

De la maisonnette


Mignonne fille

Tu chantes à tue-tête

Et tes yeux brillent


Coquette fille

Blanche pâquerette

Ton coeur scintille


Jeune demoiselle

Ouvre ton coeur

Ouvre tes ailes


 Rêveuse demoiselle

Bouquet de lilas

Et rire d'hirondelle


Timide fiancée

Tes joues rosies

Le font rêver


Douce fiancée

Brassée de violettes

Balade dans les prés


Radieuse mariée

Échange l'alliance

Au son du clocher


Charmante mariée

Effeuille la marguerite

Donne un tendre baiser


Gentille maman

Tu serres dans tes bras

Ton tout petit enfant


Aimante maman

Câlin de mimosa

Un trésor de diamants


...


Et puis toutes ces : Mademoiselle, Madame, Dame, Mère, Mamie, Mémé,

FEMMES ... qui fleurissent nos vies.



*****

Josiane ORSI


  A mon chien, 

                     Quand les ailes du temps nuanceront ma peine,

                     Que mes yeux, inondés, reverront le soleil,

                    Je pourrais à nouveau repenser à ces chaînes,

                     Qui unissaient mes yeux à ton regard de miel. 

                 Que de chemin couvert, au printemps, en hiver,

                     Quand tu étais chiot, lorsque tu étais fier,

                    Que de jours traversés dans les cieux, en enfer,

                     Quand l’âge t’a vieilli ; tout cela, c’était hier… 

                    Lenvol est arrivé… Dans mon cœur chaviré,

                     Flottent plein de lueurs pour t’honorer Minos !

                     Puisses-tu traverser de sublimes vallées,

               Et puis, en m’attendant, voguer dans le cosmos                   

                               20 Août 2009. Tous droits réservés.



Parlez-moi de souris…



Parlez-moi de souris

Aux oreilles bien rondes

Ourlées de duvet gris,

Aux veinules profondes

Qui célèbrent la vie,

Entraînant dans la ronde

Les souriceaux jolis,

Venus de par le monde

Accompagner nos ris

De superbes facondes,

Même si ce jour d’hui

Va déjà vers les ondes,

Les ondes de la nuit,



Parlez-moi de souris !



J.O. 29 août 2008

Tous droits réservés





Le grain de sable….




Grain de sable alangui échoué sur la plage,

Bercé par ces eaux bleues au hasard des saisons,

Pétri de l’infini, indestructible sage,

Tu viens te poser là, dans un dernier frisson.


Comme un géant des mers, qui façonne l’ouvrage

Au calme de la nuit et sans être disert,

Par ton essence innée, tu peaufines la page

Du livre de la vie, un instant entrouvert.


Toi, petit grain obscur roulé par tant d’orages,

Que les flots capiteux n’ont pas su enivrer

Poli de tout côté, inimitable hommage,

Tu rends à l’océan les ultimes regrets !




J.O.  Juillet 2008.

Tous droits réservés





En hiver, l’envol…



Un corps d’oiseau juché sur tes deux pattes frêles,

Et des diamants de glace accrochés ça et là,

Tu regardes alentour la blancheur irréelle

Qui gère ta pitance et impose la loi.


L’hostilité de l’air a rendu vulnérable

Ce petit cœur transi à l’affût de la vie

Tu grappilles bien peu d’un air impénétrable

Qui asservit tes jours et provoque l’ennui.


Oses-tu quelquefois envisager sur terre

Des oasis de paix et bien d’autres climats ?

Ne goûte pas la lie qui git au fond du verre

Des prédateurs. Envole-toi, envole-moi !


( Le pas de la Case, le 19 mars 2008)

Tous droits réservés



Ce matin

 

Un matin, le soleil sur toi a posé l’ombre

D’un voile de torpeur, d’un goût d’inachevé ;

Le ciel dans sa blancheur était devenu sombre,

Et ton âme ployait sous le poids des regrets.

 

Un matin, le soleil a nuancé sa ronde

Pour étirer sur toi tous ses rayons de paix ;

Il insuffle à ton cœur la volonté profonde

Qui puise à d’autres yeux le courage d’aimer.

 

Ce matin, le destin va découvrir sa fronde,

T’inviter au banquet de la vie en couleur,

Et pour apprivoiser les mouvances de l’onde,

Viens goûter avec nous aux zestes du bonheur.

 

Entends-tu le printemps crépiter sous la feuille,

Au seuil du renouveau des peupliers d’argent ?

Regarde ces fleurs bleues, il faut que tu les cueilles

En milliers de brassées, tu n’as que soixante ans…


Tous droits réservés


*****



A VOUS


Vous, qui viendrez un jour perpétuer nos gênes

Enrichir d’autres vies, diluer nos erreurs,

Vous, qui justifierez ce chemin où je peine,

Vous, que j’aime déjà, vous, imbus du meilleur.


Penserez-vous un jour que pour être vous-mêmes

Des anciens réprimés auront tracé vos pas,

Vous qui ne saurez pas que j’ai purgé ma peine

A l’ombre de vos cœurs, au désert de vos bras.


Vous qui viendrez demain honorer vos ancêtres

En réchauffant vos âmes au grand feu du destin

Vous qui verrez un jour enfin réapparaître,

Les bienfaits de l’amour, et la paix dans vos mains !


Tous droits réservés.


*****


Demain,

 

 

 

 

Si nous partions errer au hasard des chemins,


Cueillir des fleurs nouvelles, débusquer le destin,


Réchauffer nos deux cœurs aux rayons du lointain,


Quand le soleil explose et refleurit nos mains.



 

Que basculent les cris, que sombre le malheur


Dans les méandres bleus des regrets assouvis.


Viens saisir avec moi ces jonchées de bonheur,


Tout à portée de main, tout à portée de vie.



 

Regarde ce ruisseau, hier encore en tempête,


Aujourd’hui apaisé, translucide et moiré,


Il nous ouvre la voie, nuance nos requêtes


Interpelle l’oubli, souffle l’humilité.



 

Sur la branche tendue, déposons l’amertume


Foulons même à nos pieds les éternels regrets


Mettons le cap tout droit, demain dans la voilure


Jailliront nos prénoms suivis du verbe aimer !

 


(février 2008).Tous droits réservés.


*****


A toi, qui ne me connais pas...


J’ai cherché vainement aux sources de l’Histoire,

Le livre de la vie tel qu’il n’est pas écrit,

Un manuel d’espoir précieux et si rare

Où l’on ne finit pas de puiser les non-dits.


Rejoins-moi sur ce banc où j’ai assis mon cœur ;

Il va t’offrir des mots, t’ébaucher le bonheur,

Où les rides s’enfuient quand reste la candeur,

Où l’âme intemporelle assassine les peurs.


Si un jour tu devais, sur le bord de la route,

Laisser à l’abandon tous tes objets coûteux,

Ne te désole point, ce n’est pas la déroute

Tu t’enrichis surtout de ce qui compte peu.


Si un jour tu devais au hasard du chemin

Disperser ça et là tes souvenirs heureux,

Ne te désole point si personne ne vient

Te parler en couleur ; après le gris, le bleu !


Marche vers ton futur ; la richesse de l’homme

Ne s’étalonne pas au trébuchet ancien,

L’once d’or vaut bien peu sauf si tu abandonnes

Tous les clichés bannis et tout ce qui fut tien.


A la banque des cœurs, j’ai placé mes richesses,

A l’indice des prix, confié mes valeurs,

Au cours du lendemain, et telle une promesse,

Je mets entre tes mains l’intérêt de mon cœur.


(25 février 2008).Tous droits réservés.


                                                           ****




Maman,



Mais qu’ont-ils fait de toi ? Qu’as-tu vécu pour toi ?

Intègre, généreuse, jusqu’à l’oubli de soi,

Mais flexible, soumise, dans la crainte, parfois…

Tu survivais à peine, je ne le voyais pas.



Ce fardeau permanent qui te fermait la voie.


Je n’ai pas pris le temps de te dire « je t’aime »

Mon esprit endormi t’a jugée maintes fois,

Je te voulais icône, mais tu n’étais qu’humaine,

J’ai dispersé le temps, j’ai oublié ma foi.


Je ne sentirai plus ta main cherchant la mienne,

Quand tes peurs confondues faisaient trembler ta voix.

Un jour, je viendrai là, à l’ombre de l’éden,

Et nous pourrons, Maman, harmoniser nos pas.


J’ai refoulé parfois ces sursauts de tendresse,

Qui oppriment à présent mon cœur si maladroit;

Tu buvais, résignée, ta coupe de détresse.

Tous droits réservés.

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Le rêve intemporel…


J’ai rêvé d’un matin qui déployait ses ailes

Sur un monde apaisé tout pailleté d’azur

Où le labeur, enfin, tel une ritournelle,

Ponctuait notre vie sans jamais être dur.


J’ai rêvé d’une sphère où les vertes prairies

Et les mers reposées s’étreignaient chaque nuit,

Et quand soufflait la vie sur les plaines taries,

Le soleil s’estompait le long des grands épis.


J’ai rêvé des humains qui étaient tous des frères,

Quand nos yeux assagis ne voyaient plus les peaux.

J’ai rêvé d’une vie sans course meurtrière

Où aucun, ici-bas, ne courbait plus le dos.


J’ai rêvé d’un pays où la terre féconde

Même gorgée de pluie n’est jamais un bourbier

Où l’enfant et l’Ancien peuvent faire la ronde,

J’avais rêvé d’un monde, l’aube m’a éveillée !



Tous droits réservés.


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Gauthier PIOGGINI

Ce poème m'est inconnu...

Cette vie m'est inconnue...
Mais, jamais je n'arrêterais de la vivre...

Cette douleur m'est inconnue...
Je la ressens au plus profond de moi...
Mais, jamais elle ne m'aura fait autant de « bien »

Cette terre nous est inconnue...
Elle est sillonnée de plaines et de vallées...
De prairies et de montagnes...
Mais, jamais cette terre ne m'insupportât tant...

Cette histoire m'est inconnue...
Livre plein de pages incongrues...
Elle est étrange et courageuse...
Elle me regarde droit dans le cœur...
Mais, jamais une histoire ne me mit si mal à l'aise...

Ce sentiment m'est inconnu...
Il souffle à mon oreille des mots tendres...
Que je ne connais pas, que je ne connais plus...
Il me poursuit, jamais essoufflé...
Pourquoi m'observe t-il ?
Mais, jamais un sentiment ne m'aura jamais tant ébloui...

Ce pays m'est inconnu...
Je le vois sur une carte...
Puis le foule de mes pieds...
J'hume l'odeur de son herbe...
Elle m'enivre mais m'étourdit...
Je m'enfuis de ce pays par les airs...
Mais, jamais un pays ne m'aura autant attiré...

Cette voix m'est inconnue...
Elle est si douce et si belle...
Je me laisse emporter par ce son...
Telle la voix d'une sirène, elle m'évade...
Je reviens peu à peu à la réalité...
Autour de moi, tout semble trop tard...
Je vois une porte qui s'ouvre et m'échappe...
Mais, jamais je n'ai entendu une autre voix aussi belle...

Ce corps m'est inconnu...
Il m'appelle de sa voix abstraite...
Je ne veux pas m'en approcher...
Je l'évite de justesse...
Pourtant il me suit...
Il tente de me toucher...
Je le rejette d'un coup de poing...
Affaibli, il s'éloigne pas à pas de moi...
Mais, jamais un corps ne m'aura tant regretté...

Ce visage m'est inconnu...
Mais il me semble pourtant si familier...
Je soupèse son regard...
Admire la finesse de ses traits...
M'approche lentement de lui...
Ma main effleure ses courbes...
Soudain ce visage se crispe...
Ses yeux me jettent des éclairs...
Je retire ma main et pars loin de ce visage...
Mais, jamais un visage ne m'aura caché autant de choses...

Ce souvenir m'est inconnu...
Il jaillit soudain dans un coin...
Un coin recalé de mon esprit...
Je l'aperçois et fais une moue...
Il comprend mes désirs...
Et se retire et se cache derrière...
Derrière l'ombre de ma vie...
Mais il me manque...
Je l'appelle, il ne revient pas...
Je le veux près de moi malgré tout...
Mais, jamais un souvenir ne me parût aussi étrange...

Cette fille m'est inconnue...
Qui est elle ?
Pour qui est elle venue ?
Pour quoi est elle venue ?
Pour moi peut-être...
Son visage angélique me fixe...
J'en fais autant...
Du moins j'essaye...
Sa beauté m'éblouie et m'émerveille...
Je cours vers elle et me jette dans ses bras...
Fille inconnue mais je la désire...
Mais, jamais je ne me suis senti plus heureux que dans ses bras...

Tous droits réservés



Jacqueline GARIN

AM STRAM GRAM

(Enfance de guerre)

Am Stram Gram :

Dis bonjour à la dame
Mange ta soupe
tiens-toi droite
Ne dis pas de gros mots
Ne parle pas en mangeant
1coute bien ce qu'on te dit
c'est pour ton bien
Sois sage à l'école...

Am Stram Gram :

Dieu que l'enfance est jolie!
Paris occupé. Ombres qui glissent avec l'étoile
jaune. Couvre-feu, sirènes, bombardemnts, ciel
rouge de sang. Volets clos. Silence. Faim. Froid.
Larmes des adultes, cris dans la nuit, chants de
l'occupant, détresse, haine, peur, maisons éventrées,
larmes aux sépultures.

Am Stram Gram :

Dieu que la guerre est jolie!
Le canal de l'Ourcq est gelé. Le soleil pâle de l'hiver se mire sur la glace.
Les galoches résonnent dans l'escalier. Les péniches vides de cargaison
sont à quai. silence, ville endormie, assoupie,
en mal de sa délivrance.

Am Stram Gram :
Dieu quelle est jolie la colombe de la paix !
Nous te dessinons sur nos cahiers d'écoliers.
Viens vite, nous t'attendons avec nos coeurs
d'enfants pleins d'espérance, d'oranges mûres,
de nuits paisibles, de sourires retrouvés, de tendresse profonde.

HIROSHIMA N'EST PAS MON AMOUR!

AM STRAM GRAM PIQUE ET PIQUE ET COLÉGRAM


Tous droits réservés.


Tiné RAYNAL (paroles et musique)

Retrouvez l'univers de Tiné sur MySpace: (suivez le lien...)
 
http://www.myspace.com/tinraynal



L'ÉCOLIER

Du temps où j’étais écolier,
Je me souviens qu’il m’arrivait,
De m’endormir sur mon cahier,
Pendant que le maître parlait,
C’est vrai,
Un nuage passait,
Sur lui je m’envolais…

Puis le nuage me posait,
A quatre pas d’une forêt,
Quelques lutins et une fée,
Sur le chemin me saluaient,
C’est vrai,
Puis ils me conduisaient
Aux marches d’un palais…

Une fillette m’attendait,
Prenait ma main et m’emmenait
Visiter des endroits secrets
Où des trésors étaient cachés,
C’est vrai,
Mais l’anneau à son doigt
Ne venait pas de moi.

Petite fille était jolie,
Et je l’aimais à la folie,
Ensemble on a vu des sirènes
Danser sur le dos des baleines
C’est vrai,
Quand l’orage est venu
Elle avait disparu…

Et ce n’était pas le tonnerre,
Mais la voix du maître en colère,
J’avais du mal à m’éveiller,
Tous les bons élèves riaient,
C’est vrai,
Fillette que j’aimais,
Assise au premier rang,
Princesse, tu pleurais
Quelques larmes d’argent.

Tous droits réservés.


SOLDAT AU CLAIR DE LUNE

Au clair de la lune,
J’ai les pieds dans l’eau,
Je pense à ma brune,
Et j’ai le cœur gros.
Au clair de la lune,
Le fusil au dos,
Là dans la lagune
J’écoute un oiseau.

Il dit que les marécages
Dans lesquels il vit,
Ne sont plus rien qu’une cage,
C’est lui qui l’a dit.

Au clair de la lune,
Bon dieu que c’est beau,
On voit une à une,
Se noyer dans l’eau,
Toutes ces étoiles
Qui brillent là haut,
Mais comme elles sont pâles
Derrière les roseaux.

En voyant ce paysage,
J’en viens à penser,
Que c’est là le vrai visage
De la liberté.

Au clair de la lune,
Quelqu’un a bougé,
Tout près de la dune,
Et moi j’ai tiré .
Au clair de la lune,
Je l’ai vu tomber,
Pardon à sa brune,
Pardon s’il s’aimaient.

Les yeux tournés vers le ciel,
Il semblait dormir,
Lorsqu’on tue une hirondelle
On voudrait mourir.

Au clair de la lune,
Il s’est tu l’oiseau,
Je sens sa rancune
Pour le commando.
Au clair de la lune,
Je suis un salaud,
Mais sur ma joue brune
Y a deux gouttes d’eau.

Tous droits réservés.




Muriel PIOGGINI

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Moi, quand je serai grand ...



Moi, quand je serai grand

Dit le petit enfant


Je serai jardinier

Je ferai des bouquets


Je sèmerai des graines

A éloigner les peines


Je planterai des fleurs

D'amour et de bonheur


Sur leurs pétales blancs

Ton nom écrit : « MAMAN »



Moi, quand je serai grand

Dit le petit enfant


Je serai grand poète

J'aurai de belles lettres


Je dirai des mots doux

Apaisant les courroux


J'irai par les pays

Rencontrer des amis


Sur les fronts attristés

J'écrirai : « LIBERTÉ »




Moi quand je serai grand

Dit le petit enfant


Je serai...


Accosteur de Banquise

Berceur de Cornemuse

Correcteur de Diaphyses

Dévérouilleur d'Écluses

Éducateur de Frissons

Fournisseur de Grimaces

Galopeur de Hérisson

Harmoniseur d' Impasses

Inventeur de Jeunesse

Jacasseur de Kermesse 


...


Collectionneur d'instants, Producteur d'émotions

Chasseur de nuages, Voleur de grand chemin

Accordeur de cyclon', Transporteur en commun

Élagueur de fraisiers, Chercheur en inventions

Arpenteur de déserts, Effaceur de brouillard

Grand Bâtisseur de rêves, Créateur de hasard ...


...


(Dors, mon bébé joli

Dors, mon enfant chéri


Tes rêves sont si grands

Pour un petit enfant!)


...


Maman! maman !

Moi quand je serai grand...



                                Tous droits réservés. Novembre 2007






A QUATRE MAINS


A quatre mains, on peut caresser plus de fronts
Effleurer tendrement les cheveux d'un enfant
A quatre mains tendues de pauvres tâcherons
Nous écrivons, perdus, aux déserts étouffants.


Nos doigts qui se croisent pour conjurer le sort
Nos mains qui se serrent pour réchauffer leur peau
Nos paumes qui se taisent en mélodieux accords
Nos ongles qui se tendent en somptueux drapeaux.


A quatre mains on peut tourner plus de pages
Prêter main forte à ces mains qui se tendent
A quatre mains émues de toucher un mirage
Nous brûlons nos doigts aux terres de légende.


Vingt doigts qui se délient et se cherchent encore
Quatre mains qui s'enlacent et se perdent parfois
Vingt doigts, quatre mains, deux plumes bicolores
Quatre mains mises à nu sur un air d'autrefois.

Tous droits réservés. Mai 2006